Libération Du Village en septembre 1944
     
Le Cimetière Militaire De 1870
     
Sur ce lieu se dressait jusqu’en août 1870, l’église paroissiale qu’entourait le cimetière communal. Pendant la bataille du 18 août, l’église utilisée en ambulance française fut ruinée par les obus et l’incendie. Au soir de cette journée, une lutte acharnée opposa les soldats du 93ème de ligne et du 9ème bataillon des chasseurs à pieds qui protégeaient la retraite de leurs camarades du 6ème corps aux forces convergentes du corps de la garde prussienne et du XII ème corps saxon. En effet, le maréchal Canrobert, sans renfort malgré plusieurs appels à l’aide, à court de munition, son artillerie éteinte, devant un ennemi plus de deux fois supérieur en nombre, s’était vu forcé et contraint à donner l’ordre à ses troupes d’abandonner le village de St Privat, clé de la position. L’ultime combat dans le cimetière sera immortalisé plus tard par le peintre Alphonse De Neuville. Au cours des semaines qui ont suivi la bataille, la municipalité s’est trouvée confrontée au problème d’une forte mortalité due à la disette, au manque d’hygiène et à un climat précocement rigoureux. Tout cela réuni, la maladie et la mort ont fait leur oeuvre : en six mois, 12% de la population disparut. Le cimetière trop exigu, le clocher menaçant de s’effondrer et devant l’urgence de la situation, un autre lieu d’inhumation dut être utilisé. En 1875, l’église fut rasée et les décombres enlevés. Abandonné pendant de nombreuses années, cet endroit est réaménagé en 1906 selon le projet de la municipalité qui prévoit l’élargissement de la rue qui longe le cimetière et la mise en place d’un monument en mémoire de l’ancien curé de St Privat décédé. Ce qui a eu pour conséquence : - L’enlèvement des tombes et la translation des ossements au nouveau cimetière (L’actuel cimetière communal). - Le déplacement du mur latéral gauche du cimetière de plusieurs mètres. - Le nettoyage et mise en valeur de la partie restante du cimetière en un jardin d’agrément. - L’érection puis l’inauguration le 11 juillet 1906, d’un monument en hommage au « Charitable et héroïque curé de Saint Privat, Jean Nicolas BAUZIN », (en allemand sur la plaque du monument), décédé le 7 septembre 1903. Au cours de cette opération la porte, seul vestige resté debout datant du XVIème siècle, faillit disparaître et fut, en définitive, légèrement remaniée. Plus tard, le village qui est annexé à l’empire allemand officiellement depuis le 10 mai 1871 mais de fait depuis le 18 août 1870, redevient français fin novembre 1918. Les années qui suivent donnent une destination définitive à cet endroit, dans le cadre d’une vaste opération de regroupement de tombes militaires de 1870 autour de Metz. Le 11 août 1924, la porte de l’ancien cimetière est classée monument historique. Le 9 septembre 1928, le Souvenir Français et la commune inaugurent un monument : « Aux soldats français morts héroïquement pour la défense de St Privat le 18 août 1870 ». Ce lieu avait accueilli, l’année précédente, les restes mortels de 140 soldats français exhumés des tombes et ossuaires situés sur le ban communal. C’est depuis cette époque que l’ancien cimetière communal est devenu « cimetière militaire français». En février 1975, plusieurs officiers français : un lieutenant-colonel inconnu, le capitaine TARDY du 70ème de ligne et le lieutenant FLEURY du 12ème de ligne (Tous du 6ème corps) exhumés du cimetière désaffecté des fusiliers de la garde prussienne, situé à la sortie du village coté Roncourt, rejoignent leurs frères d’armes en ce lieu. Le lieutenant C.-A. CHAMPAULT DE LA FLECHERIE du 57ème de ligne du 4ème corps d’armée les avait précédés quelques années plus tôt. En 1982 – 1985, le dernier regroupement est effectué. Il existait encore 33 tombes et fosses communes sur les territoires de Sainte Marie et de Saint Privat. Les mentalités changent : les restes de ces braves soldats, allemands et français, sans distinction de nationalité, 1328 au total ne sont pas séparés mais réunis dans une nécropole édifiée sur le champ de bataille, entre Sainte Marie aux Chênes et Saint Privat la Montagne, en bordure de la route.

  ___________________________________  
Chaque année, à la fête patronale, le dimanche qui suit le 15 août, Le Souvenir français local et la municipalité organisent  une cérémonie commémorative : un service religieux en l’église paroissiale suivi d’une manifestation patriotique en ce lieu de mémoire
       
       
       
     
  Haut de page
La Bataille Du 18 Août

     Français et Allemands ne se sont pas battus uniquement à Saint Privat. Ils se sont affrontés  sur une ligne  de 11 kilomètres comprise entre les vallées de la Moselle et de l’Orne. En effet, après la rude bataille de Rezonville-Mars la Tour, le 16  août, le maréchal Bazaine au lieu de poursuivre sa route vers l’ouest pour rejoindre Chalons comme il en avait reçu l’ordre, installe ses troupes sur un front  allant de Sainte Ruffine à Roncourt en passant par les hauteurs de Gravelotte – Rozérieulles- Amanvillers – Saint Privat avec une défense avancée à Sainte Marie. 125 000 hommes de l’armée du Rhin du maréchal Bazaine subissent le 18 août les assauts de 220 000  soldats de deux armées allemandes réunies : la 1ère  du général Von Steinmetz et la 2ème du prince Frédérique Charles.  Mais c’est à Saint Privat  que le sort de la bataille s’est joué en fin de journée. Commencée  vers 11 heures et demi  près de Champenois  entre Amanvillers et Vernéville, indécise tout l’après-midi, elle bascule, ici, en notre défaveur vers 20 heures  par l’arrivée des Saxons qui menacent de contourner l’aile droite française, le 6ème corps du maréchal Canrobert. Par son  mouvement enveloppant, le XIIème Corps du prince Albert de Saxe secoure non seulement le corps de la garde du prince Auguste de Wurtemberg décimé qui vient de perdre par son attaque prématurée sur Saint Privat, plus de 7900 hommes dont 2 440 tués sur le glacis  de Saint Privat- Sainte Marie mais encore remporte un succès capital qui oblige le repli du 6ème corps dans la nuit puis le lendemain tout le reste de l’armée française sur Metz où  celle-ci  est prise au piège.
     Le bilan  humain de cette journée est lourd : au total, 32 435 hommes hors de combat (12 275 Français et 20 160 Allemands) dont 6 400 tués.
     Les conséquences de la bataille sont catastrophiques pour l’armée française : sa route de retraite vers l’ouest est coupée. Pratiquement neutralisée, elle doit subir un siège jusqu’à sa reddition le 27 octobre. 150 000 hommes et 20 000 blessés sont  fait prisonniers et emmenés en Allemagne. La ville de Metz ainsi qu’une quantité importante de matériel, d’armes, de munitions et de nombreux drapeaux sont livrés à l’ennemi. L’armée du Rhin, principale force organisée du pays, dès lors cesse d’exister. Plus tôt,  le 2 septembre, l’armée de Chalons du maréchal Mac Mahon venant secourir celle de Metz est détruite à Sedan et le chef de l’Etat, l’empereur Napoléon III capturé. Dés lors il n’y a plus aucun doute sur l’issue de la guerre, malgré sa continuation par un nouveau pouvoir, républicain dit « Gouvernement de défense nationale » qui sera amené à cesser le combat le 26 janvier 1871 et à signer un traité de paix à Frankfort le 10 mai suivant avec le tout nouvel empire allemand.
     Il a été tiré par les belligérants sans compter la très grande quantité de cartouches, 66 000 coups de canons et mitrailleuses sur tout le front et dans le secteur de St Privat-Ste Marie et Roncourt  uniquement 18 600 obus. Le 6ème corps était dépourvu de mitrailleuses.
     La mémoire collective gardera de cette journée, au vu du nombre de victimes et de projectiles tirés,  l’expression : «  Ca tombe comme à Gravelotte » et retiendra la phrase du roi de Prusse Guillaume Ier , futur empereur allemand, en voyant tous ses morts étendus  sur le glacis de St Privat-Ste Marie : «  Ma Garde  a  trouvé son tombeau devant Saint Privat ».                               

___________________________________
La rue du village menant à Roncourt rappelle cette journée.
 
François Marcellin Certain de CANROBERT

     Maréchal de France, né le 27 juin 1809, à Saint Céré dans le Lot, il entre en 1826 à Saint-Cyr.
A sa sortie, en 1828, il intègre le 47ème régiment de ligne comme sous-lieutenant. Il participe en 1835-1850 à la campagne d’Algérie (Zaatcha), en 1854-1855 à la campagne de Crimée (Alma -Sébastopol), en 1859 à la campagne d’Italie (Magenta – Solferino).
      Nommé en janvier 1850 aide de camp du prince président Louis Napoléon Bonaparte, le futur  empereur Napoléon III, il contribue à la réussite du coup d’état du 2 décembre 1851.
      Plusieurs fois blessé au cours de sa carrière militaire, il est promu grand-croix de la Légion d’honneur en 1854.
      Le 18 mars 1856, il est élevé à la dignité de maréchal de France.
      En 1870 à la tête du 6ème corps de l’armée du Rhin, il participe  aux batailles du16 août à Rezonville, du 18 août à St Privat et également aux combats de Noisseville et de Ladonchamp durant le siège de Metz.
      Il est emmené en captivité en Allemagne après la reddition de Metz le 28 octobre 1870 et libéré en mars 1871.
Après la guerre, il poursuit une carrière politique de 1876 à 1894 comme sénateur.
      Il décède le 28 janvier 1895 à Paris. Ses obsèques furent célébrées en l’église Saint Louis des Invalides.
      Il était le dernier des maréchaux de Napoléon III.

___________________________________
La place du village qui  englobe ce cimetière porte son nom
     
  Statue Du Maréchal Canrobert A Saint-Céré  
     
  Aujourd'hui   Hier  
 
Jean Nicolas BAUZIN

     Il est né le 8 novembre 1836 à Buchy, près de Metz. Il est ordonné  prêtre  le 21 mai 1864 et nommé à Saint Privat  le  1er octobre 1868.
     Pendant la bataille, il apporte le réconfort de la religion aux soldats français mourants et aide  aux soins des blessés dans son église transformée en ambulance.
    Quelque temps après la bataille, par deux fois, avec une autorisation spéciale, il conduit à Briey une délégation de villageois pour le ravitaillement en pain.
     Peu avant Noël 1870, avec la permission de son évêque monseigneur Dupont des Loges et muni d’un laissez-passer délivré par les autorités allemandes, il part, pendant six mois, quêter dans les régions voisines plus favorisées : au Luxembourg, en Belgique, en Hollande et dans le Nord de la France, afin de recueillir des fonds pour la reconstruction de l’église. Après maintes tracasseries bureaucratiques et financières avec les autorités et malgré des problèmes relationnels avec la municipalité, il mène à bien la construction  de l’église actuelle. Elle est inaugurée le 24 octobre 1876.
     Il est décoré  de l’ordre de  «  l’Aigle rouge » par les autorités de l’époque.
     Il meurt le 7 septembre 1903 à Saint Privat et est inhumé dans «son église ».

___________________________________
Un modeste monument est élevé en sa mémoire dans le cimetière militaire actuel
     La rue transversale du village allant d’ouest en est en direction des carrières de Jaumont porte son nom.