La Porte Du Cimetière Militaire Français De 1870
Monument historique depuis le 11 aout 1924.

Un escalier de sept marches, à trois cotés et un perron permettent de l’atteindre. Ce que l’on remarque principalement, c’est son linteau curviligne et son fronton en triangle interrompu encadrant  une croix,  le tout en pierre de Jaumont.
La porte et le perron sont contemporains de travaux effectués sur la nef de l’église en 1730 (1). Jusqu’au 18 août 1870, elle donnait accès au petit cimetière communal qui entourait l’ancienne église incendiée par les combats. L’église ruinée est rasée en 1875 et l’endroit laissé à l’abandon. (2)

Cette porte est en quelque sorte le témoin de l’ultime lutte dans Saint Privat au soir de la bataille.

En 1905, la municipalité projette la requalification de l’espace cimetière–église envahi par les mauvaises herbes pour en faire un jardin d’agrément et élargir le chemin latéral. Au cours de cette opération, la porte faillit disparaître. Un journal de Metz de langue française « Le Messin », dans son article de septembre, dénonce cette opération en des termes véhéments : « Vandalisme sans bornes…on a abattu le vieux mur, la vieille porte…tombes jetées dans la mare aux canards…sol imprégné du sang des glorieux défenseurs et des vaillants assaillants bouleversé… on a laissé commettre ce sacrilège. ».Les autorités réfutent les assertions du journal et concluent ainsi : « Aussi longtemps que l’article n’était accessible qu’aux lecteurs du Messin qui pouvaient… vérifier son exactitude, il ne nécessitait aucune réponse. Mais depuis qu’il a été repris par d’autres journaux de Metz et en particulier par des journaux français, il donne à réfléchir et pour éviter tout malentendu, une rectification  s’impose. »
En définitive, la porte est remontée non sans quelques détériorations…minimes. Elle  est dégagée par la suppression du mur d’enceinte du cimetière.  La croix d’origine située sur le fronton est remplacée par une autre de belle facture provenant d’une ancienne tombe. Deux stèles récupérées sont adossées obliquement de part et d’autre de la porte.

En 1928, l’ancien cimetière qui a recueilli l’année précédente les restes mortels de soldats français exhumés de tombes situées sur le ban communal devient par conséquent le cimetière militaire français de 1870(2) et la porte lui donne l’entrée.

Le peintre Alphonse De Neuville l’a bien représentée dans son tableau « Le cimetière de Saint Privat » ainsi que le peintre Eugène Hanetzog dans une aquarelle « Kampf auf dem Friedhof von St Privat ». Les deux artistes ont montré d’une façon quasi identique et saisissante l’assaut des Saxons qui escaladent l’obstacle que représente cette porte.

Il faut aussi noter que les monuments suivants commémorant les batailles autour de Metz ont été érigés à la mémoire des soldats français morts pour la patrie :
-Le monument national de Metz - Chambières pour le siège de la ville, érigé en 1871.
-Le monument national de Mars la Tour, pour la bataille du 16 août 1870 érigé en 1875.
-Le monument national de Noisseville, pour les batailles du 14 août  et des 31août – 1er septembre 1870, érigé en 1908.
Mais il n’existe pas de monument commémoratif de la bataille du 18 août 1870, bien qu’il y ait eu un projet en 1912 et les maquettes finies l’année suivante pour la fabrication des bronzes. Malheureuse- ment un destin contraire a fait que le projet n’a pas abouti. (3)

Ainsi la porte du cimetière militaire français de Saint Privat la Montagne reste donc le symbole fort de la bataille du 18 août 1870.

(1) Cf. –Le chapitre sur « La reconstitution de la vieille église avant sa destruction » dans l’ouvrage « Saint  Privat - la - Montagne -Son histoire et ses habitants » de F.L. Noiré et M. Sabé
(2) Cf. - L’article « Le cimetière militaire de 1870 » dans la rubrique «  Historique » du site officiel de la commune.
(3) Cf. - L’article du journal « Le Républicain Lorrain » du 7 avril 2013 « Le monument fantôme de Saint Privat -la - Montagne».